Rapport de voyage d'étude en Allemagne

Par Jérôme Karangwa, Musée national du Rwanda, ButareI.

Introduction :Objectifs :
L'idée de faire ce voyage - étude date de l'an 2003, lorsque au Rwanda l'on se préparait à commémorer pour la dixième fois les victimes du génocide des Tutsi de 1994.
L'idée a été mise à jour avec la naissance de l'association MEMOS créée avec l'assistance du DED. Cette association s'est donnée comme objectif de commémorer le génocide des Tutsi du Rwanda, commis en 1994, tout en procédant à l'apprentissage par l'histoire de ce génocide.En effet, l'une des principales activités de cette association est de visiter les sites mémoriaux du génocide situés dans les différentes provinces du Rwanda et d'échanger avec les survivants du génocide tout comme leurs bourreaux dans la mesure du possible. Cela dans le but de savoir ce qui s'est passé entre le 06 avril et le 04 juillet 1994.Etant donné que l'Allemagne, et même certains autres pays d'Europe, ont connu aussi le génocide des Juifs durant la deuxième guerre mondiale, les membres de l'association MEMOS, assistés par Mr Gerd du DED ont jugé bon d'ouvrir les horizons pour voir ce qui se passe ailleurs : comment les autres commémorent leurs morts, comment les sites sont entretenus, comment les vestiges du génocide sont-ils conservés, ce qu'ils font pour que ce génocide ne soit plus récidivé.

Ce voyage avait comme centre d'intérêt, " Souvenir, apprentissage et commémoration. Génocide en Allemagne et au Rwanda, 1945- 1994 - 2004 ".
Les participants :
Etant donné qu'au Rwanda, la commémoration concerne toute la nation, il a été souhaité que ce voyage puisse être bénéfique aux différents partenaires du DED. Ainsi, ont participé à ce voyage les représentants de :

Le groupe venu de Kigali devait rejoindre Mr SCHEUERPFLUG Gerd qui était déjà en Allemagne pour finaliser les préparatifs.
Les autres participants qui ont assisté à cette visite sont les assistants techniques qui avaient fait un séjour au Rwanda en 2003 : Les autres sont les membres de l'association IMBUTO qui vivent en Europe
(Suisse, Belgique et Allemagne) :
Comme prévu au programme, le voyage a commencé en date du 25 novembre pour ce terminer le 10 décembre 2004.Au programme, figurait la visite des sites suivants : II. Déroulement des activités :II.1 Premier jour, le 25 novembre 2004 :
Ce premier jour était réservé au voyage Kigali-Nairobi-Amsterdam-Nuremberg. Ce voyage a été bien effectué avec un léger retard au départ de l'aéroport Schiphol d'Amsterdam vers Nuremberg où nous sommes arrivés le 26/11/2004 vers 12h30.
II.2 Deuxième jour, le 26 novembre 2004: II.3 Troisième journée, le 27 novembre 2004 : II.4 Quatrième journée, dimanche le 28 novembre 2004 : II.5 Cinquième journée, lundi le 29 novembre 2004 : II.6 Sixième journée, mardi le 30 novembre 2004 :
- Tout l'avant-midi, le groupe s'est réuni à l'Hôtel DIALOG de Neuendettelsau, pour faire une synthèse sur les jours passés en Allemagne. Les groupes qui étaient chargés de faire les rapports les ont présenté à leurs collègues et les ajouts essentiels ont été donnés.
- A 15h30, nous avons eu la visite du Dr WILHELM Scheuerpflug, qui nous donna le témoignage sur la " Jeunesse Hitlérienne " dont il faisait partie. D'après son témoignage, souvent la conjoncture économique de l'époque poussait les jeunes à adhérer à ce mouvement hitlérien si ils n' y étaient pas poussés par leurs parents. Nous avons discuté aussi de ce qu'il faut faire pour éviter d'autres génocides dans le monde ; à cet effet, un intérêt particulier doit être focalisé sur une éducation mieux élaborée de la jeunesse et une démocratisation de la population pour éviter l'émergence des groupes radicaux.
- Le soir deux représentantes de l'association " Imbuto " se sont jointes à nous (la secrétaire générale : Mme Hildegard Schürings et Mlle Nusrat Nasir). Nous allions travailler avec eux pour les jours suivants.
- La journée a été clôturée par un moment joyeux de détente avec les congratulations données à un de nous qui fêtait ses cinquante ans d'existence (Mme Consolée).

II. 7 Septième journée, le 01 décembre 2004 :
- A partir de 10h00 du matin, sous la direction de Mme Hildegard S., une présentation de l'association " Imbuto " a été faite : son historique, ses membres, sa mission. Si l'association a été pensée par les gens qui ont certaines relations avec le Rwanda et qui vivent en Allemagne, actuellement ses membres sont aussi diversifiés et vivent dans différents pays d'Europe. Sa mission reste inchangée, c'est la promotion de la paix à travers le monde, chose réalisée avec l'organisation des conférences, des voyages d'études à l'intention surtout des jeunes.
- Sous la direction toujours de Mme Hildegard S., les participants à la rencontre ont eu des discussions et les échanges visant surtout aux motivations ( ou centres d'intérêts ) de la visite.
- Après une pause, les gens ont continué leurs discussions à 15h00. Le sujet cette fois-ci était celui du pourquoi et le comment de l'Holocauste. Certains ont émis des inquiétudes quant à la non évocation du mot génocide ; ne serait-ce pas une des voies du négationnisme ? Ces échanges ont été suspendus à 18h30, pour donner place à une pause.
- Entre 20h00 et 22h30, les participants ont assisté à un film documentaire ou un court métrage " Au Rwanda on dit… ". C'est un film qui parle des " Juridictions Gacaca " et de la libération provisoire des présumés génocidaires. Après le film, des échanges riches en réflexions s'en sont suivi sur le bien fondé du film même, sur la réconciliation, la commémoration pour tous au Rwanda.
II.8 Huitième journée, jeudi le 02 décembre 2004 :
- Les participants au voyage sont allés à Fürth, une petite ville près de Nürenberg.
- L'objet de notre présence à Fürth était la visite du " Jüdisches Museum Franken. Fürth & Schnaittach ".
- C'est un petit musée qui a comme thème, la vie des juifs qui vivaient dans cette ville et ses environs, avant l'Holocauste.
- Les juifs ont été contraints de s'installer dans cette ville car ils n'étaient pas autorisés à élire domicile dans les grandes villes d'Allemagne.
- C'est cette ville de Fürth qui a vu naître les personnalités très connues d'origine juive. Nombreux d'entre eux se sont émigrés vers l'étranger un peu avant le début de la 2ème guerre mondiale. C'est le cas notamment de Mr Henry Kissinger qui émigra aux USA en 1938.
- Dans les discussions qui s'en sont suivies avec Mme Hildegard S., nous avons parlé de l'intégration des juifs en Allemagne après l'Holocauste, et des autres qui ont émigré vers l'étranger, surtout en ex-URSS.
- Après la visite, les participants ont eu une petite détente sur le chemin de retour à la gare ferroviaire de Nürenberg juste avant de continuer vers Neuendettelsau.

II.9 Neuvième journée, vendredi le 03 décembre 2004 :
- Cette journée a été consacrée au voyage qui nous a amené dans le nord ouest d'Allemagne, dans l'Etat de Thuringe, dans la ville de Weimar. C'était dans le but de pouvoir visiter le mémorial de Buchenwald.
- Le trajet suivi pour arriver à Weimar va de Neuendettelsau, puis à Petersarch, puis à Nürenberg, Saalfeld et enfin Weimar, où nous sommes arrivés à 15h35.
- Après l'installation à l'Hôtel Thüringen, les visiteurs ont fait une promenade dans la ville de Weimar, ville natale des hommes de lettres comme le poète Goethe. En outre, ils ont eu l'occasion d'évoquer l'histoire de la " République de Weimar ".
II.10 Dixième journée, samedi le 04 décembre 2004 :
- Nous sommes arrivés au Mémorial de Buchenwald à 10h00, dix minutes après avoir quitté l'Hôtel.
- Nous avons été reçu par Mme Lelia PEREZ, une volontaire d'origine chilienne, travaillant audit mémorial. En plus des " audio-guide " que la réception nous a fourni, Mme PEREZ et Mr Daniel GAEDE nous ont assisté lors de la visite.
- L'histoire du camp de concentration de Buchenwald commence en 1937, année de sa construction par le régime nazi. Entre 1937 et le 11 avril 1945, plus de 250.000 personnes furent détenues dans ce camp et plus de 50.000 d'entre elles y laissèrent leur vie.
- Les endroits qui ont fait objet de visite sont les suivants :
· " le chemin caracho " ;
· la porte du camp qui a l'inscription " à chacun son dû " ;
· la place d'appel, où les travertins de positionnement sont encore visibles ;
· le monument commémorant la place d'appel (érigé le 19/04/1945);
· la place des baraquements (avec un seul pour illustrer);
· le zoo des SS, le château des ours où étaient gardés les biens soutirés aux détenus fraîchement arrivés ;
· le reste du " chêne de Goethe ";
· le bâtiment de désinfection ;
· la salle d'expériences médicales ;
· le crématorium ; exposition d'art et expositions spéciales.
- Spécialement, certaines personnes (dont le représentant du MNR) ont visité l'exposition permanente sur l'histoire du camp de concentration de Buchenwald (de 1937 à 1945). Cette exposition est montée dans l'ancien entrepôt qui servait de magasin des biens des détenus.
- La scénographie de l'exposition dans ce musée est montée comme suit :
a) " …au milieu du peuple allemand" ;
b) L'organisation du crime: la mise en place du camp, l'administration du camp;
c) Le crime au quotidien: la vie dans les baraquements entre 1937-1942, la terreur quotidienne entre 1937 et 1942, les massacres entre 1941 et 1943, les stratégies de survie et la résistance ;
d) Le camp pendant la " guerre total " : le changement de caractère et les arrestations en masse entre 1942-1945, les " kommandos " extérieurs, l'envoi au camp pour exécution-les personnalités détenues de 1943 à 1945, les expériences médicales de 1942 à 1945, l'usine d'armement à proximité du camp et l'attaque aérienne de 1944;
e) La mort et la survie: les décès en masse, la fin ;
f) " Nous, les ressuscités… " : réhabilitation des survivants, les procès des criminels et perpétrateurs du génocide.
- Au retour de la visite à 15h00, pour se détendre, une petite promenade a été faite dans la ville jusqu'à 18h00.
- Puis il s'en est suivi un débat-échange entre les membres du groupe et Mr Daniel Gaede et Mme Leila Perez. Les discussions ont porté essentiellement sur : les caractéristiques de l'injustice de la violence et leurs conséquences ; les défis de l'après violence et injustice ; la solidarité avec les victimes ; la commémoration ; la réhabilitation psychosociale des victimes ; questions d'identité ethnique, religieuse et culturelle,…
- Ces échanges ont été clôturées vers 24h00.
II.11 Onzième journée, dimanche le 05 décembre 2004 :
- Cette journée a été réservée au voyage de Weimar à Berlin. Par le train, le départ était prévu à 12h55 pour arriver à 16h00.
- Ce soir, deux autres membres de l'association " Imbuto" qui venaient de Hambourg au Nord Est d'Allemagne se sont joints à nous.
II.12 Douzième journée, lundi le 06 décembre 2004 :
- Cette journée a été consacrée à la visite-étude faite à la " Maison de la Conférence de Wannsee ", qui est aussi un " Centre Commémoratif et Pédagogique ".
- La séance de travail devait commencer à 9h00 pour se terminer à 17h00. Cependant, c'est avec un retard de quinze minutes que nous avons commencé. Nous avons été reçu par le directeur du centre, le Dr Wolf Kaiser, assisté de Mme Elke Gryglewski et Mr Yossi Giland.
- La séance a commencé par un bref aperçu historique de la maison. La maison a été construite en 1914/1915 et elle a été occupée successivement par Mr Friedrich Minoux, les SS, l'Office central de la sécurité du Reich, les Alliés, l'Institut August Bebel, Centre d'hébergement de classes vertes pour les enfants de la région et enfin l'actuel Centre commémoratif et pédagogique depuis le 20 janvier1992.
- Après l'historique de la maison, Mme Elke Gryglewski a présenté le programme et la méthodologie que le Centre utilise à l'intention des enfants ( ou les jeunes ). Les jeunes ciblés sont ceux qui ont l'âge variant entre 10 et 14 ans. Le programme démontre le commencement de la discrimination, sa mise en œuvre et les différents outils ( moyens ) pour la pratiquer.
- Avec une méthode participative, à partir de photos, de matériels diversifiés, les enfants découvrent un concept ( ex. définir qui est juif qui ne l'est pas selon les nazi, la discrimination, la chosification des personnes, les camps de concentration,…). Il est à noter que l'on ne parle pas de la mort des gens pendant l'Holocauste, l'enfant doit le remarquer de lui même.
- Après cet exposé, il s'en est suivie la visite de certaines salles de l'exposition permanente montée au centre depuis 12 ans. Les salles visitées sont celles parlant de :
· la dictature en Allemagne : où les ouvrages de Gobineau, Chamberlain, Théodore Fritsch ont eu une grande influence sur la ligne politique des nazi ; remarquer aussi que l'antisémitisme était répandu dans toute l'Europe à l'époque.
· Période d'avant la guerre : caractérisée par les pogromes, les déportations,…
· La guerre contre la Pologne : les privations, création des ghetto, la déportation des juifs ( même le projet de les déporter à Madagascar),…
· Les ghettos de Lodz et Varsovie en Pologne ;
· Les exécutions en masse dans l'Est de l'URSS notamment le massacre de Lijepaja en 1941 ;
· La conférence de Wannsee : qui a réuni 15 personnes sous la présidence de Reinhard Heydrich ;
· Les déportations ;
· Auschwitz.
- Pour les visites, le procédé de les rendre bénéfiques est que les jeunes se divisent en 2 groupes pour visiter l'exposition et les deux groupes vont échanger sur ce qu'ils ont vu par après. Cela parce que certaines salles sont exiguës.
- L'après-midi a commencé par un exposé du Prof. Dr. Stefanie Endlich sur la commémoration du génocide des juifs et les monuments érigés en mémoire des victimes.
- Les monuments sont très diversifiés :
· Les musées, les archives (Auschwitz Museum, la Yad Vashem,…)
· Les statues, les panneaux avec lesquels les artistes doivent faire comme si ils étaient là et non pas donner une idée seulement ;
· Les places réservées comme les lieux d'embarquement, les bureaux d'enregistrement, les synagogues détruits,…
· Les stamblestones indiquant les noms des victimes ;
- Ces monuments doivent toujours inciter les gens à se demander pourquoi on en est arrivé là, les structures qui ont permis cela sans oublier d'implorer le pardon.
- Après cet exposé, il s'en est suivi un autre sur l'historique de l'enseignement commémoratif en Allemagne. Il a été présenté par Mme Elke Gryglewski.
- Avec une ligne de temps bien explicite, la présentatrice a distingué les différentes périodes qui ont caractérisé la commémoration en Allemagne :
· De 1945 à 1954, les gens ne voulaient pas se poser des questions à propos de la " Shoah ". Caractéristique qui concerne et victimes, et leurs bourreaux.
· De 1955 au milieu des années 1960, avec l'ouverture au public du 1er camp de concentration d'Allemagne, à Dachau, les gens ont pris conscience et ont commencé à se poser des questions. Mais leurs analyses sont restées souvent superficielles. A l'école on initia le programme dit " Extra-curricula " sur l'Holocauste, qui était un projet d'Histoire du Nazisme.
· De 1968 au début des années 1980, les gens ont cru qu'ils savaient tout sur l'Holocauste, que tout a été dit, a été écrit à propos, et tout cela a engendré un silence généralisé.
· Depuis le début des années 1980 jusque vers 1994, avec les changements politiques survenus en Europe de l'Est et les tueries de l'ex-Yougoslavie, au Timor Oriental ainsi que le génocide des Tutsi du Rwanda, les gens ont commencé à interroger leur mémoire : pourquoi ce qui s'est passé en Allemagne se reproduit ailleurs ? Qu'avons-nous fait pour éviter cette reprise ? Bref, un renouveau qui allait coïncider avec la création, de part tout le pays, des centres et musées relatifs à l'Holocauste.
· Depuis le début du 3ème millénaire, un débat sur la commémoration pour tous est ouvert et les gens de part le monde y sont conviés.
- Terminant son exposé, Mme Elke G. et les autres participants ont été unanimes à constater que l'évolution de la situation d'après Holocauste en Allemagne n'est pas et ne doit pas être un modèle pour le reste du monde.
- Après une courte pause, la séance de travail à la Maison de la Conférence de Wannsee, s'est poursuivie avec la présentation des opportunités de formation offertes aux groupes des adultes. Les personnes adultes, les élèves et étudiants, organisés ou non en groupes, peuvent bénéficier des travaux en ateliers et des séminaires que le Centre organise tout le long de l'année. Les thèmes proposés sont aussi variés. Le programme de ces séminaires et ateliers peut être consulté à l'adresse suivante : www.holocaust-education.de.
- La séance de travail s'est terminé par un riche débat qui est revenu surtout sur les points suivants : Le silence d'après Holocauste, Une brève comparaison entre les visions qui existent en Allemagne et en Israël, la commémoration pour tous au Rwanda, comment sont les sites mémoriaux au Rwanda et ceux qui les gèrent actuellement, le rôle de l'homme politique dans l'entretien de la mémoire,…
- La journée de travail qui devait se terminer à 17h00 a pris fin à 17h15. Les échanges allaient être poursuivies mercredi le 08/12/2004.
- Dans la soirée de ce lundi, une auto-évaluation a été faite, surtout que certains participants (ceux venant d'Imbuto) devaient quitté le groupe le lendemain suite à leurs programmes.
II.13 Treizième journée, mardi le 07 décembre 2004 :
- Après les préparatifs du matin, les participants ont parcouru dans l'avant midi, certaines places de Berlin notamment la coupole panoramique du bâtiment du Reichstag, siège du Bundestag.
- A partir de 15h20, après une pause, jusqu'à 18h00, certains membres du groupe sont allés visiter l'exposition permanente du " Jewish Museum Berlin", qui a ouvert ses portes au public depuis 2001. Une exposition très moderne, vaste et riche en informations relatives à la vie des Juifs d'Allemagne.
- Au total, dix salles d'exposition ont été visitées, depuis le Moyen Age du temps d'Ashkenaz à aujourd'hui ( aux relations conflictuelles entre les Juifs d'Israël et leurs voisins Palestiniens et Arabes ).
- La journée a été clôturée par un concert donné à 20h00 au Villa de Schwartzche, concert ayant pour thème " Souvenir, Apprentissage et Commémoration en Allemagne et au Rwanda, 44/94/04 ". Le concert a été donné par le duo Udo Scheuerpflug en ténor et Paul Sturm au piano. Encore là, les chansons présentées étaient de la composition notamment de Viktor Ullmann, Gideon Klein et Pavel Haas qui furent incarcérer au Ghetto de Theresienstadt.

II.14 Quatorzième journée, mercredi le 08 décembre 2004 :
- A partir de 10h30, les échanges ont continué, mais en groupe restreint, avec les responsables de la Maison de la Conférence de Wannsee.
- Sous la conduite du Dr Kaiser Wolf et de Mr Gerd SCH., les échanges ont porté surtout sur : le schéma des mémoriaux du génocide au Rwanda ; sur la façon de collecter les témoignages, qui le fait, les obstacles que nous pouvons rencontrer et comment nous pouvons exploiter ces témoignages ; comment intéresser les gens à visiter les sites mémoriaux ; comment préparer ( avec la documentation ) les gens à affronter la gravité de la réalité trouvée sur les sites ; pourquoi l'association MEMOS doit s'investir d'avantage dans cette voie de commémoration ;etc.
- Après, il s'en est suivi un échange avec Mr Yossi GILAND, un Juif d'Israel dont le père a survécu à l'Holocauste, sur la façon de commémorer, sur le pardon, sur la réconciliation après un génocide.
- Il est à remarquer que la réalisation de ces buts ci-haut cités, et le temps aidant, doit respecter les particularités observables dans les différents pays où il y eu le génocide. Aussi, il faut éviter la globalisation de modèle de commémoration.
- C'est à 15h00 que nous avons quitté le Centre Pédagogique et de Commémoration de Wannsee pour rejoindre les autres membres du groupe. Ceux qui étaient allés à Wannsee sont :
· Aimé KAYINAMURA
· Gilbert HAVUGIMANA
· Issa HIGIRO
· Maleile ZÖLLNER
· Anja WITZENS
· Gerd SCHEUERPFLUG
· Jérôme KARANGWA
- Ce soir il était prévu d'assister à une projection d'un nouveau film sur les derniers jours de Adolf HITLER, mais le programme a été modifié indépendamment de nous.
II.15 Quinzième journée, jeudi le 09 décembre 2004:
- La journée a commencé à 10h00 avec une auto-évaluation des membres du groupe. Cette évaluation avait non seulement pour objectif de voir ce qui avait été fait jusque là, mais aussi de dresser un schéma d'une mise en commun qui devrait se faire dans le cadre d'un rapport à présenter au responsable du voyage.
- A partir de 12h00, les gens sont allés vaquer à leurs occupations personnelles jusqu'à 15h00. Là, nombreux sont ceux qui sont allés faire le shopping dans les magasins en prévision du retour.
- A 15h00, les participants à ce voyage-étude se sont rencontrés pour se dire au-revoir, une rencontre qui s'est terminée dans la nuit.
II.16 Seizième et dix septième journées, vendredi ( le 10 décembre) et
samedi (le 11 décembre) 2004:
- Ces jours étaient consacrés au voyage de retour.
- De l'aéroport Berlin Tegel à Kigali en passant par l'aéroport Amsterdam-Schiphol et l'aéroport Kenyatta à Naïrobi, le voyage de retour s'est très bien passé.
III. Conclusion :
Même si le programme qui était prévu au départ de Kigali n'a pas été suivi, ce voyage de deux semaines en Allemagne nous a enrichi à bien d'égards et l'objectif a été atteint.

Le génocide n'est pas seulement une affaire des seules proches des victimes ( les survivants car les victimes ne sont plus là )et les bourreaux. Car si ce serait ainsi, on en connaîtrait d'autres génocides ici et là dans le monde. Il faut alors de telles voyages pour que les autres peuples réalisent le bien fondé de lutter contre toute forme d'exclusion.
Le fait que ce soit un groupe de Rwandais et d'Allemands (dont nombreux ont vécu au Rwanda pendant un certain temps ) qui ont participé à ce voyage, est un avantage aussi, car on a pu constater combien " le silence " masqué a coûté beaucoup à l'humanité. Car 50 ans après le génocide des juifs commis par le régime nazi, un autre génocide a été commis au Rwanda contre les Tutsi, en avril-juillet 1994.Nous disons un silence masqué car, à notre avis il n'y pas eu assez de propagande, d'échanges pour désavouer les actes génocidaires. Une propagande qui devait se faire surtout à l'intention de la jeunesse.
Nous pensons que prononcer de bons et longs discours ne sert à rien si on ne s'investit pas dans l'éducation de la population, surtout la jeunesse qui en constitue la majorité. Une éducation à la paix, à la tolérance, à la démocratisation.
Bref, de telles initiatives qui permettent une éducation appuyée par les faits, sont à encourager et les bénéficiaires doivent mettre en place des voies, des mécanismes nécessaires pour le rayonnement du bénéfice. Défi que doivent relever les membres de l'association MEMOS et les autres participants à ce voyage.Fait à Butare, ce 22/02/2005KARANGWA Jérôme

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